Casse-toi pauv con
Casse-toi pauvre con
!
bientôt un slogan de campagne
Nicolas Sarkozy, le président
qui fait honte à la France
Il parle comme une racaille aux pêcheurs du Guilvinec, à Argenteuil ou porte de Versailles, nous déballe sa vie
privée à EuroDysney et dans la presse pipeul, double son salaire mais refuse tout coup de pouce au smic, se prostitue devant Kadhafi pour quelques mirages, félicite Ben Ali, se saoule la gueule au G8 avec
Poutine, lèche les pompes de Benoît XVI, fait les yeux doux à la Scientologie, va bouffer des saucisses chez les Bush, confond sunnite et chiite, mendie un stylo aux Roumains, chante les louanges de Dieu et de l'Arabie Saoudite à Riyad, saute partout mais brasse
du vent. Un jour proche viendra où on lui dira... bon vent !
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A Paris, où dès quinze heures, l'itinéraire de délestage qui était prévu en cas de très grosse affluence a été ouvert, sur les camionnettes, les banderoles, les poitrines, un autocollant grenat a fait recette : "casse-toi pov'", Laetitia, étudiante de 24 ans à Paris 8, a corrigé : "Casse-toi riche ", tandis que d'autres brocardaient "les békés de l'UMP".
A Bordeaux où messages et mises en scène se sont, là aussi, radicalisés, le "Sarkozy casse toi" se
remarque.
Au Puy-en-Velay (Haute-Loire) où la mobilisation avait surpris le 29 janvier par son ampleur, le maire et secrétaire d'Etat Laurent Wauquiez était cette fois directement mis en cause.
"Wauquiez, ministre du chômage" ont scandé de petits groupes. Pour Pascal Samouth, secrétaire général de l'union départementale FO Haute -Loire, "si le gouvernement ne veut pas
négocier, les choses risquent de partir en vrille".
Les entreprises touchées par des fermetures de site et plans sociaux sont partout représentées. A Compiègne les
"ti" - les ouvriers de tinental - ont porté un cercueil noir qui symbolisait la mort de leur usine de Clairoix en dénonçant : "Les actionnaires au caviar, les
salariés au placard".
A Marseille, les ouvriers d'Union Naval Marseille, la dernière société de réparation navale lourde dont la liquidation judiciaire a été prononcée le 10 mars, ont pris la tête du cortège. Non
loin, en combinaisons bleues, les salariés d'Amtel, société de micro électronique dont le site provençal va être vendu, sont inquiets. Cyril Zatout, technicien de fabrication redoute "une
longue période de chômage" s'il perd son emploi et craint devoir quitter la région. Il y a huit ans il avait quitté Toulouse pour rejoindre la vallée de l'Arc rebaptisée Sili Valley française. Pour Bruno Mussard, élu au comité d'entreprise, "le site de Rousset est profitable,
il s'agit juste de se débarrasser d'un outil de production en Europe pour délocaliser en Asie". Bilal Manaï, chef de projet en veut à la maison mère américaine : "Une fois qu'il n'y a
plus d'exonération de taxe professionnelle et que les subventions s'arrêtent, on plie bagages et on s'en va. C'est révoltant !".
A Nice, les employés de Texas Instrument France à Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes) viennent de subir un plan social de 305 suppressions de poste dont 130 licenciements. "Ces licenciements
nous révoltent. Ils ne sont pas fondés. La téléphonie mobile enregistre, certes, une baisse d'activité mais reste très porteur et réalise 3 milliards de bénéfice" martèle
Philippe Vieira, 42 ans, délégué CFDT. Il pense à ses collègues licenciés "dont la plupart sont trop abattus pour manifester".
A Limoges touchée par la restructuration de l'armée - 400 familles quitteront la ville d'ici deux ans - le personnel
civil du ministère de la Défense est descendu dans la rue. Gilles Desvaux, 51 ans, syndiqué FO y est employé depuis trente ans. Il brandit une pancarte : "Limoges ville sinistrée. Limoges en
2011 on brade". "Je veux rester ici parce que j'y ai ma vie et rien n'a encore été proposé à ceux qui ne souhaitent pas s'éloigner géographiquement. J'ai encore dix ans à faire"
s'inquiète-t-il.
Au Puy-en-Velay, ce sont les 112 suppressions d'emploi programmées sur quatre ans par le centre hospitalier Emile Roux, le plus gros employeur du département qui marquent les esprits. A Bordeaux,
ce sont les salariés du secteur aéronautique très implanté en Gironde avec Dassault, des travaux publics avec Vinci, de l'automobile avec Ford, ou de la grande distribution et des fournisseurs
d'accès Internet (Free et Alice), qui s'inquiètent.
A Paris, Christophe, ouvrier à l'usine Peugeot-Citroên de Poissy, s'énerve : "Les profits pour eux, les bas salaires
pour nous, ça suffit ! Si les actionnaires sont servis, les licenciements doivent être interdits." Les hospitaliers sont très nombreux, derrière la banderole de Solidaires. " La santé va
mal, il faut, il faut la grève générale", scandent les nombreux établissements présents. "L'hôpital, il est à nous, l'hôpital c'é tan nou" scande, façon Guadeloupe, un manifestant.
"Solidaire avec les DOM, je bois du rhum", propose l'union locale CGT d'Epinay-sur-Seine. Succès garanti.
La grève générale ? Quelques cortèges la réclament comme FO du Val-de-Marne qui reprend un classique "public, privé, grève générale interprofessionnelle !"
Situé tout à fait en fin de manifestation, le cortège des universités et des laboratoires de recherche "en lutte",
étudiants et enseignants mêlés, est dense et festif. Boulevard Beaumarchais, des étudiants en éducation physique d'Orsay se sont hissés, baudrier et mousquetons d'escalade, tout en haut d'un
immeuble d'où ils ont déroulé une immense banderole. Un enseignant réclame un "bouclier social", car "notre profit, c'est la réussite de nos élèves". Des banderoles signalaient
la présence de Sciences Po, Sorbonne, Jussieu, EHESS, Paris XI, les IUFM de Paris et de l'Ile-de-France toujours mobilisés sur le thème "enseigner est un métier qui s'apprend". A
Toulouse une centaine d'étudiants faisaient le procès du roi "Sarcoval et ses sinistres Tretresse et Crados".
A 19 h 30, les manifestants ont fini d'arriver sur la place de la Nation. Premiers incidents légers dans le métro, premiers feux de poubelles et premiers projectiles lancés sur les forces de
l'ordre postées tout autour de la place. Plusieurs centaines de manifestants, jeunes pour la plupart, font face aux barrages de gardes mobiles et de CRS. Aucune vitrine n'est prise pour cible,
pas de voiture renversée, seule la police est visée. Au total, 300 personnes ont été interpellées et 49 seront poursuivies, les autres ayant été laissées libres après une vérification d'identité.
Neuf policiers ont été blessés.
Assistant aux jets de canettes sur les policiers, Marcelle, qui travaille dans un salon de coiffure, peste : "Il n'y en a que pour les riches, je comprends les jeunes qui disent que ça va
péter." Tout en estimant qu'ils "ne sont pas très bien coiffés". André, illuminé du rouge d'une fusée de cheminot, dit qu'il est prêt à "entrer dans un flit dur". Mais, dit ce cheminot de 38 ans "il vaudrait mieux que le gouvernement change sa
position".
Une heure plus tard, le dispositif s'est resserré et ce sont trois cents personnes qui se retrouvent encerclées au pied de la statue au centre la place.
A Saint-Nazaire, la fin de la manifestation tre la politique du gouvernement a tourné à l'affrontement entre jeunes et forces de l'ordre. A l'issue du rassemblement, peu après 17heures, un attroupement de 200 à 300 jeunes s'est formé devant la sous-préfecture. Les jeunes ont lancé des bouteilles, pavés et autres projectiles tre les forces de l'ordre. L'affrontement a duré plus de deux heures. Un policier a été blessé au visage.
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